Le projet “Artémis” est destiné à un public de jeunes femmes de 15 à 25 ans, qui se trouvent dans une situation de précarisation marquée, qui ont de grandes difficultés d'insertion sociale, et pour lesquelles on pressent un important besoin d'effectuer un travail sur soi, hors de leur milieu habituel.

Le projet peut par exemple accueillir

  • des jeunes femmes bénéficiaires du RI, qui ont déjà effectué plusieurs mesures d'insertion, et dont la situation reste inchangée pour des raisons psycho-socialeses

  • des jeunes femmes suivies par le SPJ, qui ont renoncé à la scolarité, qui présentent un risque important de précarisation, et qui ne sont pas encore prêtes à s'engager dans des démarches d'insertion concrètes à long terme

  • des jeunes femmes suivies par le service de probation, pour qui on tente d'enrayer un processus de marginalisation, et qui ont besoin de pouvoir se reconstruire loin de leur entourage quotidien

  • des jeunes femmes à l'AI pour qui ont reconnaît le bénéfice de prendre part à une expérience forte qui participe à la reconstruction de l'estime de soi

 

Ce public de jeunes femmes en difficulté partage certaines caractéristiques avec l'ensemble de la population des jeunes en difficulté (grand risque de précarisation, multiples ruptures familiales, scolaires et sociales, importants obstacles dans l'accès à la formation professionnelle, exposition à divers types de violences, manque de logement, endettement). Toutefois, diverses recherches ont démontré que les jeunes femmes forment une population spécifique. Les jeunes femmes ont un risque plus élevé de dépendre de l'aide sociale à long terme que les jeunes hommes. La probabilité qu'elles aient été victimes d'abus est aussi beaucoup plus importante. De plus, les systèmes culturels d'oppression des femmes (tant d'ici que d'ailleurs!) rendent l'émancipation et l'autonomisation des jeunes femmes d'autant plus difficiles.

 

Sur le plan psychique, elles ont beaucoup plus tendance à intérioriser difficultés et traumatismes, et à développer des attitudes et des comportements auto-destructeurs, ainsi que des troubles alimentaires; leur estime de soi en souffre particulièrement et elles sont à risque de se figer dans des positions de victimes. Les impacts concrets à long terme de ces risques sont pour elles aussi plus grands, puisque nombre d'entre elles se retrouvent à assumer des grossesses seules. Leur risque de souffrir de dépression est également plus élevé que celui des jeunes hommes, avec les sentiments d'impuissance, d'absence de projection dans l'avenir, la consommation de substances et les fugues qui peuvent l'accompagner.

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