Le projet pilote “Artémis” propose à un groupe de dix à douze jeunes femmes, accompagné d'une équipe de professionnels, de relever un défi majeur: marcher 600km à travers la Suisse en 2 mois, avec un minimum de matériel et des nuitées en bivouac. Au retour de l'expédition, les participantes préparent un compte-rendu de leurs expériences présenté au public sous la forme d'une exposition; par ailleurs l'insertion professionnelle est alors mise au premier plan par un travail intensif individuel et en groupe. Les activités ont lieu sur 7 mois entre avril et octobre, et sont articulées en trois phases: préparation, expédition, retour et insertion.

 

Préparation (2 mois)

  • Trois demi-journées par semaine sont dédiées entièrement à une diversité d'activités sportives: course à pied et fitness pour construire force, endurance et détermination; natation et sports d'eau afin de s'entraîner à surmonter la peur et s'habituer à affronter les variations de températures; capoeira, qui fait appel à la dynamique de groupe, la souplesse et l'équilibre; stretching et relaxation pour une approche à la gestion du stress et au lien entre corps et émotions.

  • Deux demi-journées par semaine sont dédiées à l'apprentissage des techniques de “bushcraft” (bivouac et survie dans la nature) qui leur permettront de camper en pleine nature en sécurité et avec le plus grand confort possible. Les sujets abordés incluent: sécurité personnelle et de groupe; premiers secours; construction d'abris et mise en place de bivouacs; diverses techniques pour faire du feu; recherche et purification de l'eau; cuisine sur feu ouvert; alimentation de trekking et plantes sauvages comestibles. Deux demi-journées par semaine sont dédiées à la préparation de l'expédition. Les jeunes préparent ensemble le tracé de la marche et les aspects logistiques tels que la planification des repas, les étapes-relais, ainsi que les permissions de camper sur le parcours de la marche. Elles apprennent la lecture de cartes (échelles, repères, coordonnées, altitude), l'usage de la boussole (visées, angles, pointages). Elles déterminent le tracé de l'expédition (estimation du kilométrage, dénivelés, obstacles et difficultés, étapes-relais, lieux de campement), et se penchent sur les aspects logistiques (planification des repas, points de ravitaillement, obtention des permissions de campement)

  • Trois demi-journées par semaine sont dédiées à la familiarisation avec des outils de développement personnel, notamment par une initiation au tai-chi, des exercices d'écriture créative, ainsi que par une approche artistique alliant peinture, “nature art”, photographie et vidéo. Ces outils seront mis en oeuvre tout au long de l'expédition selon une pratique quotidienne, sous la forme de carnets de voyage.

 

L'expédition (2 mois)

Le groupe se lance sur le tracé préparé avant le départ, au rythme de 12-15 km par jour selon la topographie, sur les chemins pédestres suisses. Les jeunes et les accompagnants traversent ainsi tous les différents écosystèmes du pays au fil du trajet: Jura, Moyen Pays, Alpes, vallées et cols, en s'immergeant dans la réalité des changements du temps et des paysages.

La rencontre avec les cours d'eau et lacs donne lieu à des baignades, le silence et les bruits naturels approfondissent la réflexion, les discussions entre les jeunes et les accompagnants permettent de mettre les idées en perspective. L'immersion est d'autant plus complète que les participantes n'emportent pas de téléphones portables, de jeux électroniques, ni de musique enregistrée.

La marche n'occupant pas la journée entière, d'importants moments seront consacrés à la mise en pratique des outils de développement personnel permettent aux jeunes de retravailler leur expérience par le biais des outils qu'elles ont déjà commencé à utiliser lors de la phase de préparation: le tai-chi, l'écriture, le dessin, la documentation vidéo et photographique, ainsi que le “nature art” focalisent l'attention sur l'environnement ainsi que sur l'évolution intérieure dont chacune fait l'expérience.

Des moments de discussion collective et individuelle permettent aussi d'intégrer l'expérience vécue au quotidien. La marche est rythmée par la routine de la levée de camp le matin avec remise en ordre des lieux, puis, avant la tombée de la nuit, l'établissement du bivouac et les tâches collectives telles que la préparation du repas. Une auto-discipline naturelle s'instaure, par la systématisation de la routine nécessaire pour suivre le rythme.

Le groupe fait l'expérience de la confrontation au quotidien avec les réalités changeantes qui influent directement sur les actions à prendre: météo, terrain, type d'environnement, moral. Toutes doivent participer activement pour maximiser le bien-être de chaque participante, tout en découvrant qu'un confort et une qualité de vie sont possibles grâce à la collaboration constructive et la créativité du groupe. Le défi de l'expédition est augmenté par le fait que le groupe n'emporte qu'un strict minimum de matériel, contrainte qui permet de maximiser l'expérience d'être plongé dans le milieu naturel.

Des points de ravitaillement sont prévus le long du parcours, ainsi que quatre campements plus permanents sur trois jours. Il est prévu que le groupe fasse part de l'avancée de l'expédition à la personne chargée du ravitaillement, qui publiera photos, textes et réflexions par le biais d'un blog accessible à toutes les personne intéressées. Par ailleurs, une fête de départ et une fête de retour permettent d'ancrer l'expédition dans le tissu social.

 

Retour et insertion (3 mois)

  • Quatre demi-journées par semaine sont dédiées à la production collective d'un compte-rendu de l'expédition, en se basant sur le matériel de documentation qu'elles ont récolté durant la marche. Dessins, peintures, photos, et textes sont rassemblés dans des carnets de voyage personnels, puis une sélection est faite en vue d'une exposition. Les participantes s'engagent dans une réflexion individuelle et en groupe sur les changements personnels dont elles ont fait l'expérience, ainsi que leur portée dans le futur, puis sur les manières possibles pour communiquer leur vécu avec le public.

  • Deux demi-journées par semaine sont consacrées aux activités sportives, afin de maintenir la forme physique et instaurer une continuité avec les deux mois de randonnée. Les jeunes sont encouragées à poursuivre des pratiques sportives et prendre en charge leur hygiène de vie.

  • Quatre demi-journées par semaine sont dédiées à la mise en oeuvre d'un projet d'insertion socio-professionel au moyen tant d'un travail individuel que de moments de partage avec le groupe.

Il est prévu de pouvoir permettre à chaque participante de s'investir dans un stage professionnel d'un mois, en Suisse ou à l'étranger. Les intervenants sont ouverts à des projets d'insertion alternatifs et ont des places de stages à proposer dans des domaines tels que le WOOFing, des projets de développement, chez des paysans de montagne, ainsi que d'autres lieux permettant de faire des liens directs entre l'expérience de l'expédition et le monde professionnel.

 

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